27 mars 2006

Petites nouvelles

L'inspiration et le temps me manquent ces jours-ci, ce qui explique mon mutisme. De plus, la température avoisine les 40 degrés celcius à l'ombre. Ma motricité, ma concentration de même que ma patience en sont dûrement affectées.

Malgré tout, les mangues demeurent tout aussi délicieuses et les Maliens tout aussi charmants. Demain, je pars à Morila pour quelques jours.

Triste fête

Hier, le Mali célébrait le 15e anniversaire du renversement du dictateur Moussa Traoré et, par le fait même, de l'avènement de la démocratie. D'ailleurs, la communauté internationale site régulièrement le pays de l'ancien Empire Mandingue comme un modèle de bonne gouvernance. Amadou Toumani Touré, l'actuel président de la République, sait garder de bonnes relations avec l'extérieur...

Cependant, les Maliens n'avaient pas le coeur à la fête cette année. D'abord, parce que L'ORTM (l'Office de Radios et Télévision du Mali, la chaîne du président) vient de censurer le vidéoclip Monsieur le maire du groupe rap Tata Pound.

La chanson dénonce la politique mafieuse exercée par certains maires qui, une fois élus, se foutent pas mal de leurs promesses électorales et des doléances de leurs électeurs. Ils se livrent plutôt à la vente illicite et à la distribution démesurée de terrains au profit de leurs bons amis.

En somme, la chanson dénonce les pots de vin, la corruption et le patronnage qui empoisonnent la scène politique malienne et qui freinnent considérablement le développement. Le groupe sensibilise les jeunes et appelle à leur mobilisation contre ce fléau.

Or, voilà qu'ATT voit d'un très mauvais oeil les visées conscientisantes de Tata Pound. La formation pourrait éventuellement ternir sa réputation si étincelantes aux regards des investisseurs étrangers.

La solution: tirons la plogue.

Ce n'est pas comme si le vidéoclip pouvait être diffusé sur une autre chaîne accessible à la population. Il n'y a qu'une chaîne publique ici! L'autre, Africâble, est payante. Allô la censure. Démocratie ne va pas de paire avec liberté d'expression ? Il faudrait en glisser un mot à Monsieur Touré.

Hier, un concert réunissant plus d'une vingtaine d'artistes, dont Tata Pound, était organisé au Stade Omnisport Modibo Keita. Au moins vingt milles jeunes Maliens ont envahi les lieux question de célébrer leur pseudo-démocratie. Fait ironique, l'événement était commendité par Anglogold Ashanti, une société sud-africaine qui exploite une mine d'or à Morila. Oui oui, le Mali, 174e pays sur 177 sur le plan du développement humain selon le PNUD, est le troisième producteur africain d'or. Trouvez l'eurreur.

Le gouvernement d'ATT permet à une multinationale de piller le précieux minerai tout en lui accordant des crédits d'impôts et en lui permettant d'exploiter sa main-d'oeuvre comme bon lui semble et de contaminer la nappe phréatique avec des poisons mortels tels le cyanure. Et ensuite Anglogold Ashanti finance le spectacle de la fête de l'indépendance. Durant le concert, j'ai entendu à la fois les mots "Faites la révolution" et "Vive Anglogold Ashanti". La jeunesse qui représente 50% de la population malienne doit être confuse.

Afin de prévenir tout débordement dans la foule, les autorités ont mis le paquet. Les militaires et les gendarmes surveillaient de près les fêtards bien armés de leurs baillonnettes ou alors d'une ceinture équipée de menottes. On travaille avec les moyens du bord... J'étais située à l'avant complètement de la scène et je pense avoir passé plus de temps à tenter d'éviter les coups qu'à écouter les messages de sensibilisation de Tiken Jah Fakoly ou de Tata Pound.

Que célébrait-on déjà? Ha oui, la démocratie.

25 mars 2006

Tranquillité broussarde


























































































S'en remettre à Dieu...

Vous vous souvenez de cette photo de moi qui pointe une affiche sur laquelle il est écrit "Je m'en remets à Dieu, coiffure." On ne peut pas dire que c'est une publicité trompeuse...














Mariam, la Malienne

Comme je l'ai mentionné mainte et mainte fois, les femmes africaines travaillent dur. Même après un accouchement elles doivent retourner tout de suite à leurs tâches domestiques. Afin d'avoir les bras et les mains libres, elles attachent leur nouveau-né dans leur dos à l'aide d'une pièce de tissus. Marilyn, surnommée Mariam par tous les Maliens, a tenté l'expérience....

23 mars 2006

Au jour le jour...

Au loin, la colline du Point G. Ceci n'est pas une blague. C'est bien le nom de ce monticule!













Réunion malienne où toutes les interruptions sont permises que ce soit pour un thé, une salutation ou un appel sur son portable... Tout le monde entre et sort de la salle à tous moments. Surtout, ne demandez pas la parole, prenez-la! (Photo Pierre-Alexandre Bigras)














Pierre-Alexandre, Lucie et moi sur le toit de la radio Kayira.
(Photo: Marilyn Marceau)


















A 13h45, c'est l'heure du bulletin d'informations. Salif assure la mise en ondes. (photos Pierre-Alexandre Bigras)




























Au petit soir les enfants jouent au socer dans la rue.













Après quelques bonnes bières quoi de mieux que de se retrouver chez notre ami Boubacar? Nous avons surnommé l'endroit "Les mouches" en l'honneur des millions de petits insectes qui peuplent son restaurant...














Bouba prépare les meilleurs sandwichs aux oeufs de Bamako.


















La chambre des filles...bonne nuit!

Escapade à Ségou

L'Harmattan, un vent de poussière et de sable souffle sur Bamako depuis quelques jours. Tous mes alvéoles pulmonaires doivent ressembler au Sahara. Nous avons donc décidé de nous
réfugier à Ségou pour quelques jours. Une ville magnifique de potiers et de pêcheurs.

























































































Ma blancheur l'effraie...

09 mars 2006

Le mutisme des moussos

En Bambara, mousso signifie femme. Durant les vingt-quatre dernières heures les spécialistes de la question du genre sont montés sur toutes les tribunes du monde afin de défendre le beau sexe. Dénoncer annuellement des millénaires de violences et d'injustices soulage la conscience des bien penseurs.

Hier, la domestique a consacré SA journée à préparer à manger pour tous les masculins de la radio, à laver les habits et à prendre soin de son enfant qui vient de naître et dont le père est disparu subitement. Un jour comme les autres.

Une fois dans la cour des grands, les intellectuelles, tant africaines qu'occidentales, oublient leurs soeurs recluses à la précarité et à la servitude. Méa culpa. Hier, j'animais avec quatres autres universitaires une émission portant sur le droit des femmes avec des faits saillants dignes du Journal de Montréal. L'indignation n'est-il pas le précurseur de l'action ? Peut-être faudrait-il en douter.

Pour vous donnez une idée de la situation concernant la violence faite aux femmes, imaginez un instant que la terre est un village de 1000 habitants.
  • 500 villageois sont des femmes

  • En fait, ça devrait être 510, mais 10 ne sont pas nées: avortements sélectifs.

L’avortement sélectif est surtout pratiqué en Inde, en Chine et en Corée du Sud. Ces 10 enfants qui auraient dû vivre «manquent à l’appel» parce quelqu'un a décidé arbitrairement que ce n'était pas rentable pour une famille d'avoir une fille. Les échographies ne sont pas uniquement pratiquées pour déceler la trisomie 21...

  • Toujours dans ce même joyeux village, 167 femmes seront battues ou exposées à des violences au cours de leur vie.
  • 100 femmes seront victimes de viol ou de tentative de viol.

En temps de guerre, l’intégrité physique de la femme est fréquemment bafouée. Les viols en masse sont utilisés de façon systématique comme une arme. C'est aussi un outil puissant de propagation du VIH.

Par exemple, en République démocratique du Congo, une moyenne de 40 viols par jour, a été enregistrée dans la région d’Ulvira. Au Rwanda, 20% des femmes ont été violées durant le génocide de 1994.

Et en Irak, au moins 400 femmes et jeunes filles, certaines âgées de huit ans seulement, auraient été violées à Bagdad depuis avril 2003.

Et c'est pas fini. Si on parlait des lois discriminatoires.

En 2003, au moins 54 quatre pays avaient des lois discriminatoires à l'égard des femmes. Ainsi, au Gabon, une femme doit obtenir la permission de son mari pour voyager à l’étranger et en Arabie Saoudite, elle n’a pas le droit de conduire un véhicule.

  • 79 pays n’ont aucune législation en matière de violence domestique.
  • Le viol conjugal n’est reconnu comme une infraction à part entière que dans 51 pays.
  • Seules 16 nations ont des lois faisant spécifiquement référence aux agressions sexuelles. La violence contre les femmes ne relève de la justice pénale que dans trois pays (le Bangladesh, la Suède et les États-Unis).

A notre sortie du studio, nous avons mangé un excellent repas préparé par la domestique. Comme quoi féminisme ne rime pas avec solidarité féminine.






















20 février 2006

Bamako au quotidien















La vue du toit de la radio. Trouvez Pierre-Alexandre et Younes...














Des rues typiquement bamakoises... (Photos: Lucie Poulin)

































Mais quelques unes sont tout de même asphaltées. Non loin de là, à droite, se trouve notre maison. (Photo: Lucie Poulin)














Champ de vidanges que je traverse presque tous les matins. (Photo:Lucie Poulin)














Tous les soirs nous prenons un repas à la "gargotte" de Diélébah. Délicieux! (Photo: Lucie Poulin)














Au bord du fleuve, il existe des endroits magnifiques et calmes pour relaxer...





































18 février 2006

Formations

Pierre-Alexandre, Lucie, Marilyn et moi avons donné des formations sur l'utilisation, l'entretien et le fonctionnement du matériel informatique. Notre premier cours consistait à expliquer la méthode pour ouvrir et éteindre l'ordinateur. Nous partions de loin, mais le défi était très stimulant!

D'abord, il nous fallait installer la salle de cours. Beaucoup de fils, peu de patience... (Photo: Marilyn Marceau)




























Moussa apprend les rudiments de Word Art. (Photo Lucie Poulin)














J'ai aussi donné une formation administrateur/rédacteur de site SPIP. Un jour le design du site sera prêt. En Afrique ma devise est lentement, mais surement... (Photo Marilyn Marceau)

17 février 2006

La grandeur malienne!!

Voici mon "cousin peul" Noumouké. Il n'en finit plus d'être grand... Il s'est même penché pour rentrer dans le cadre! (Photo Pierre-Alexandre Bigras)